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Christie’s vend la bibliothèque extraordinaire de Paul Destribats

La maison dispersera 6 000 titres du collectionneur passionné par le surréalisme et mort en 2017.

Par Roxana Azimi Publié aujourd’hui à 16h44, mis à jour à 17h08

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Le manuscrit du « Dictionnaire abrégé du surréalisme », acheté par Paul Destribats en 2005 lors de la vente Filipacchi.
Le manuscrit du « Dictionnaire abrégé du surréalisme », acheté par Paul Destribats en 2005 lors de la vente Filipacchi. CHRISTIE’S

C’est probablement la vente la plus importante de ce premier semestre en France. Et, osons le dire, la plus grande bibliothèque du XXe siècle, en nombre de lots, jamais proposée aux enchères. Christie’s offre à Paris, du 3 au 5 juillet, un premier volet du pléthorique ensemble de livres d’avant-garde de Paul Destribats, mort en octobre 2017. Deux autres vacations en partenariat avec les experts Jean-Baptiste de Proyart et Claude Oterelo sont prévues en 2020 pour disperser 60 ans de collection, soit quelque 6 000 références pour un total estimé entre 10 et 20 millions d’euros.

Une passion si dévorante que le peintre Pierre Alechinsky avait joliment baptisé Paul Destribats « l’homme-livre »

Né en 1926 à Vendôme, Paul Destribats était de la famille des géants, inlassable baroudeur tour à tour militant trotskiste, patron de club de jazz à Rio ou courtier en Bourse. De retour à Paris, dans les années 1960, il se passionne pour les avant-gardes du XXe siècle, documentant toutes les formes de pensées subversives, de Dada au constructivisme russe en passant par le futurisme italien et le mouvement De Stijl. Une passion si dévorante que le peintre Pierre Alechinsky l’avait joliment baptisé « l’homme-livre ». A la fin des années 1980, Destribats fait un grand coup en achetant la collection de livres du grand amateur Jean Parizel, comprenant notamment de superbes reliures de Georges Leroux.

Lire la nécrologie : Paul Destribats, infatiguable collectionneur de revues avant-gardistes

Attaché aux livres comme aux tracts, affiches et manifestes, Paul Destribats avait aussi constitué le plus important ensemble en mains privées de revues et périodiques, reflet des débats esthético-politiques qui ont enflammé le XXe siècle. Classé trésor national, le fonds de revues d’un millier de titres fut acheté en 2005 pour 3,8 millions d’euros par le groupe Lagardère puis donné à la bibliothèque Kandinsky, au Centre Pompidou.

« Une bibliothèque encyclopédique »

Le chemin de Paul Destribats croisera souvent celui de l’ancien patron de presse Daniel Filipacchi, grand amateur comme lui de surréalisme. Si les deux hommes étaient capables de se disputer un carton d’invitation à 100 euros, leur démarche était différente. « Destribats a constitué une bibliothèque encyclopédique. Il n’y avait pas un battement d’aile d’une avant-garde japonaise qu’il ignorait. La collection Filipacchi est plus resserrée », résume Jean-Baptiste de Proyart.

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