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Catherine Mayeur-Jaouen au plus près des coptes-catholiques

Histoire d’un livre. L’historienne s’intéresse depuis longtemps à cette minorité religieuse d’Egypte, aujourd’hui plus menacée que jamais. Ce qui l’a incitée à livrer tout ce qu’elle en sait.

Par Florent Georgesco Publié aujourd’hui à 06h00

Temps de Lecture 6 min.

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Voyage en Haute-Egypte. Prêtres, coptes et catholiques, de Catherine Mayeur-Jaouen, préface de Robert Solé, CNRS Editions, 416 p., 26 €.

Procession à Deir Dronka, près d’Assiout, Haute-Egypte, en 2007.
Procession à Deir Dronka, près d’Assiout, Haute-Egypte, en 2007. DENIS DAILLEUX / AGENCE VU

Le lecteur ne doit pas se vexer : il ne sera pas le premier à découvrir grâce à Catherine Mayeur-Jaouen l’existence même des coptes-catholiques. Maurice Poulet, éditeur chevronné officiant à CNRS Editions, qui s’est occupé de Voyage en Haute-Egypte, l’avoue tout de suite quand on lui demande d’en raconter la genèse : « J’ai déjà édité des livres sur l’Egypte contemporaine, mais je n’en avais pas entendu parler avant de recevoir ce manuscrit. »

Ils constituent, de fait, l’une des plus petites communautés du pays – entre 250 000 et 300 000 personnes, soit 0,3 %, au maximum, d’une population estimée à un peu moins de 98 millions –, que l’œil occidental a du mal à distinguer au milieu de l’ensemble des coptes – peut-être 8 millions, un peu plus de 8 % –, dont la très grande majorité est orthodoxe et regarde cette minorité de la minorité, elle-même noyée dans un océan musulman, avec une certaine condescendance, voire de la surprise : comment peut-on être égyptien, copte (statut déjà très inconfortable) et catholique ?

Première synthèse en français sur ces Egyptiens méconnus

C’est aussi la question de Catherine Mayeur-Jaouen dans ce livre touffu, à la fois première synthèse en français sur l’histoire et la ­condition actuelle de ces Egyptiens méconnus, enquête anthropologique et récit d’une ­relation passionnée entre la ­spécialiste de l’islam populaire, professeure d’histoire contemporaine à la Sorbonne, et cette micro-société, incarnée dans quelques figures de prêtres et de fidèles dont elle raconte la persévérance, le refus d’abandonner leur foi et leur mode de vie – tout ce qui en fait des figures marginales et décidées à le demeurer. « Il faut dire qu’ils sont assez obstinés », commente-t-elle.

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L’historienne a longtemps hésité sur la forme à donner à ce projet « à la marge ». « Ce n’était pas un objet facile. Il ne s’agissait pas de raconter ma vie. Mais je ne pouvais évacuer mon expérience. » Il remonte loin, en effet, dans son passé, à ces mois de 1989 où, venue au Caire travailler à une thèse sur le saint musulman ­Al-Sayyid al-Badawi (1200-1276), elle enseigna le français au séminaire copte-catholique, rencontrant « par effraction », dit-elle, ce monde, ces gens, surtout : les ­jeunes séminaristes des villages déshérités de la Haute-Egypte, où sont concentrés les coptes-catholiques – Khaled, Romani, Francis, Amir… avec lesquels se noua alors une amitié jamais démentie et qui, devenus prêtres, lui ont servi de guides et de « personnages » au long de la préparation du livre.

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